Once upon a time… Ces impressions de déjà-ressenti

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L’année dernière, à à peu près la même époque, je vivais ce que je pensais être les dernières fois de ma vie ici… Mon dernier vol France-US, mes dernières retrouvailles post-estivales avec mes copains, ma dernière signature de contrat à Baton Rouge, ma dernière pré-rentrée à l’américaine, mon dernier Mid-Summer Mardi Gras… Ça donnait un petit goût doux-amer à tous ces moments, ça les faisait vibrer d’un je-ne-sais-quoi d’un peu nostalgique alors que même pas encore vécu, ça donner une dimension dramatico-intense à cette année qui commençait, ça faisait supporter les jours les plus difficiles (*musique de film d’horreur* j’ai nommé la rentrée) avec relativisme…

Et puis voilà, qu’à peu près à la même époque mais un an après, je revis tous ces moments qui étaient les derniers, et y a cette petite impression de déjà ressenti, alors que je sais même plus si cette fois ce sont vraiment les derniers, ou si ma vie tourne en boucle ici à tout jamais… Je remets mes fesses sur les sièges d’un avion France-US mais évidemment pas en aussi direct, je retrouve la joie des jours au compte-gouttes qui annoncent chacun le retour d’un copain, je repasse 3 heures dans une voiture pour apposer ma signature sur le papier sacré, et je vais dans quelques jours très certainement de nouveau applaudir après chaque discours de notre direction comme quoi on est les meilleurs enseignants du monde entier.

Et je suis heureuse de revivre tout ça. Vraiment. Il y a un an, je n’y croyais pas une seconde, et mon futur proche était un écran noir. Là, je me sens chez moi. Heureuse d’être chez moi. Même avec le moisi sur les meubles de ma cuisine. Même avec les 90 degrés qui s’échappent des trottoirs quand il pleut. Même avec les verres de vin à 8 dollars. Même avec *musique de fil d’horreur* l’école qui arrive. Même avec le soleil qui se couche à 19 heures. Même avec la vendeuse qui veut pas me vendre de vin parce que mon ID est périmée, et que comme je me sens un peu trop chez moi, je ne pense pas à prendre mon passeport.

Alors, oui, ce ne sont plus les impressions impressionnantes des premières fois. Ce ne sont peut être pas non plus les impressions décuplantes des dernières fois. Ce sont des impressions de déjà-ressenti, douces comme un long fleuve tranquille. Ce petit bonheur qui pétille dans le coeur pour ceux qu’on revoit. Et ce petit pincement qui picote dans le coeur pour ceux qu’on ne reverra pas. Cette distance accordéon qu’on ressent au contact des nouveaux, de qui on se sent si proches, et en même temps maintenant si lointains. Cet amour inconditionnel pour cette ville, pour son grain de folie, pour son énergie, qui nous lie à elle au delà de ce que nous vivons ici…

Puis, il y a bien aussi quelques impressions nouvelles… Des impressions qui chamboulent, qui vibrent, qui résonnent, qui dansent… Des impressions qui donnent une nouvelle perspective aux dernières fois que l’on revit. Des impressions qui font le bonheur ici, quoi.

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