Once upon a time… J’ai daté un américain

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Ben oui, fallait bien que ça arrive un jour. Alors, maintenant que tout ce que je dirai ne pourra plus être retenu contre ma personne, je vous fais part de mon expérience anthropologique, dans un but évidemment tout à fait scientifique. Attention, ceci est bien une histoire vraie, malgré le caractère invraisemblable de certaines situations. 

J’ai donc rencontré ce charmant jeune homme, à l’arrière d’un taxi dans lequel on m’a poussée lors d’une fin de soirée un peu arrosée. Je dis charmant, mais à l’époque ce n’est pas ce que je pensais. Il ne s’agissait pas d’un parfait inconnu, comme à peu près 80% de la population à Nola, et je l’avais donc vaguement croisé à une ou deux soirées. Bref, sans vraiment de raison pertinente, je ne l’aimais pas, et j’ai passé les trente minutes du trajet à le lui répéter. Il faut croire que c’est plus efficace que les mots doux, car dès le lendemain, sans autre forme de conversation, il m’invitait à un premier date.  Il n’est donc apparemment pas nécessaire de discuter et d’avoir un premier échange de séduction pour aller à un premier rendez-vous. Comme je suis quand même bien française, puis que je l’aimais pas, j’ai refusé. Il m’a re-invitée deux jours après. J’ai refusé. Puis trois jours après. J’ai refusé. Puis une semaine après. Et j’ai fini par accepter (Ne me demandez pas pourquoi).

Il se trouve que finalement, je l’ai plutôt bien aimé lors de ce premier date. On s’est donc vus plusieurs fois, avec ses copains, avec mes copains, au parc, pour regarder une parade… J’étais, selon ses propres propos, sa girlfriend de Mardi Gras, un concept unique en son genre qui n’existe qu’à New Orleans. Bref, c’était la fête et j’avais une relation plutôt normale à mon sens, bien plus normale que par la suite en tout cas. Sauf que Mardi Gras ça dure pas toute la vie, et c’est là que tout se complique. Parce que le concept de girlfriend, sorti de Mardi Gras, ça vaut bien une thèse en sociologie.

J’ai donc été rétrogradée du rang de girlfriend au rang de date dans la vraie vie. Soit. A vrai dire, je m’en fichais un peu du terme, du moment que j’avais le partenaire et l’ivresse. Si seulement, c’était aussi simple. Mais non. Dans le date, rien n’est simple. T’as toujours les inconvénients du célibat, mais en te trainant en plus un gros boulet au pied. Si t’es triste, tu peux pas l’appeler (*sirène d’alerte de situation de couple*). Si tu veux partager une super nouvelle comme l’obtention de ton visa, tu peux pas l’appeler (*sirène d’alerte de situation de couple*). Si t’es coincée chez toi parce que ta serrure est bloquée, tu peux pas l’appeler (*sirène d’alerte de situation de couple*). Si tu veux aller voir une pièce de théâtre, tu peux pas l’appeler (*sirène d’alerte de situation de couple*). Si tu veux faire une quelconque activité un dimanche, tu peux pas l’appeler (*sirène d’alerte de situation de couple*). Bref, la liste exhaustive des activités autorisées en date se résume à aller au restaurant ou au cinéma entre le lundi et le vendredi de 19h à 23h.

Bon, j’exagère un peu. On a quand même eu quelques moments conviviaux que nous avons partagés avec nos amis. Enfin, il y avait lui. Puis moi. Puis les amis. Mais aucun contact entre lui et moi devant les amis. Ben oui, faudrait pas penser que si je suis chez son amie que je ne connais pas, c’est parce qu’on partage une quelconque intimité. Non, non. Je sais pas qui t’es toi. Tu fais quoi d’ailleurs ici? Puis, oui, je vais venir en week-end avec toi. Puis je vais parler qu’à tes copains, parce qu’ils sont quand même super sympas. Puis toi, faudrait pas qu’on pense que je te trouve sympa aussi et que c’est pour ça que je suis venu.

Bref. Je vous avouerais que le date à l’américaine, où t’es en couple qu’entre les quatre murs de chez toi, ça m’a un peu saoulée en continu. En deux mois, on s’est donc séparés et remis ensemble une dizaine de fois. Enfin, ça c’est ma version. La version française. Parce que la version américaine, c’est que comme on n’a jamais été ensemble, on s’est jamais séparés. On s’est juste pas vus de quelques jours. Logique.

Bref encore. Au bout de deux mois, on a donc eu LE talk. Tu sais, la fameuse conversation où tu décides si tu deviens un couple, tu planifies ton mariage, tu mets en route le bébé, tu achètes une maison et tu adoptes un chien. Oui, parce qu’en vrai, c’est ça être une girlfriend. Du coup, il a décidé qu’il aimait bien dater avec moi, mais que je pouvais pas devenir une serious girlfriend. Bon, il a pas tout à fait tort, j’aime pas les chiens, puis je suis pas prête à acheter une maison. Enfin, c’est quand même con, parce que quand je lui proposais de regarder un film le dimanche après-midi sur mon canapé, je nous voyais déjà devant l’autel de l’église un an après. Et ça, c’est un peu serious quand même.

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