Once upon a time… Croquer la vie

IMG_4687

Bon, ben voilà, j’arrive pas à écrire. La page blanche. J’écris, j’efface, je recommence, je re-efface. Depuis trois jours (c’était deux heures au début). Parce que je sais pas par où commencer. Parce qu’on a vécu trop de choses en quinze jours. Parce que j’attendais sa visite depuis 3 ans. Parce qu’il a été particulièrement important dans ma vie, et que lui montrer la nouvelle, celle que je vis ici depuis tout ce temps, c’était aussi important. Parce qu’on est dans une petite case qui flotte entre l’amitié et l’affection, un truc dans le genre, une petite case sans trop d’étiquette, qu’on n’ouvre pas si souvent mais qu’on sait qu’elle est là quand même.  Parce qu’on peut se parler de beaucoup de choses, sans tabous mais avec retenue, qu’on peut se faire la tête et se pardonner, qu’on peut partager nos histoires de coeurs, de vie et nos petits secrets. Parce qu’on peut faire 300 kms pour une soirée et 40 heures de voyage pour des vacances, sans trop râler.

Il est arrivé mercredi 16 mars, mais j’ai bien cru qu’il n’arriverait jamais. Je m’étais dit que ça devait être écrit dans les astres chinois, et que si son passeport s’était périmé à dix jours du départ, que sa carte bleue avait été avalée la veille, et que sa valise n’avait pas voulu faire le transfert le jour-même, c’était que peut être y avait une raison à tout ça. Mais non, il est bien arrivé, certes tout léger, et on a continué à attendre des heures son bagage, à tuer le temps pour notre voiture de location, à retarder tous nos rendez-vous dans le bayou, à passer de la robe d’été au manteau avec écharpe et à bloquer nos cartes de crédit les unes après les autres.

On a vécu mes trois ans en quinze jours, condensé climatique de toutes les météos de Louisiane et inventaire presque exhaustif de mes activités adorées. On a fait un block party habillés en vert, une parade de Pâques, de l’airboat dans les bayous, un musée microscopique, on a vu des Indiens en costumes, un match de NBA, des alligators au Lake Martin, on a écouté des bras band, du jazz, de la musique Cajun, des copains français, une mafia russe, on est allés sur Frenchmen, sur Saint Claude, à Audubon Park, à Lafayette, dans des restaurants classes et des bars crados, on a bu des hurricanes, des jello-shots, du Prosecco, des Abita, des Margaritas, de la Tequila, de la Vodka, on a mangé des brunchs, des burgers, des jambalayas, des crevettes frites, des pizzas delicious, des salades du fermier, des enchiladas, des hot dogs, on a fait des soirées improvisées, des anniversaires, des fêtes d’écoles, des concerts jusqu’à pas d’heure, on a pris des taxis, des Uber, des bus, des vélos sans freins, on a dansé, on a bu, on a mangé, on a fait du shopping, on a visité, on a fait la sieste, on a parlé… mais on n’a pas beaucoup dormi. Et au bout de quatre jours, il avait la même tête que nous autres ici…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

On a dealé avec nos passions pas communes. Lui son amour des documentaires avec de la drogue et des têtes coupées, surtout à 1 heure du matin. Son obsession des lieux désaffectés à trépasser. Moi mon amour pour la chanson française, surtout au lever. Mon obsession à comprendre le date à l’américaine avec mon américain (ouh là, utilisation du pronom possessif… Attention! Sirènes, gyrophares, lumières clignotantes… Appel d’urgence à la garde des moeurs. Putain, je vais me marier.). Mais bon, on a accepté. On a commenté, on a un peu boudé, on a même désapprouvé, mais finalement oui, on a accepté.

Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas partagé plus de 24 heures ensemble, mais on s’est quand même bien supportés je crois. Puis il m’a apporté au milieu du pâté, des Petits Princes et du Tariquet, Monsieur Donut. Et Monsieur Donut, c’est un peu notre carrousel à nous. Il a tellement voyagé et tellement vécu, qu’il n’a plus de bras. Mais il est là. Symbole de la vie qu’il faut croquer.

Où est Donut?

Où est Donut?

Et qu’on croque, chacun de notre côté, chacun sur son continent, mais sans s’oublier, dans notre petite case qui flotte au vent léger.

2 réflexions sur “Once upon a time… Croquer la vie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s