Je ne travaille pas dans le vrai monde… Combo pluvieux

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Oui, oui, chose promise, chose due. Oui, oui, je vous avais fait miroiter la fabuleuse histoire du Carpool pluvieux jeudi dernier. Oui, oui, je m’en allais vous la narrer, après une mémorable mise en scène lundi après-midi. Et puis voilà, que cerise magique sur la gâteau, un jour de tempête fait irruption dans notre mardi ordinaire, nous offrant une journée extraordinaire made in New Orleans.

Voici donc l’invraisemblable histoire du Combo Pluvieux.

Tout a donc commencé lundi en début d’après-midi, avec des trombes d’eau, des éclairs qui foudroyaient le ciel, des coups de tonnerre qui claquaient dans l’obscurité et un vent qui soufflait à faire courber les arbres. Ah non. Le service météo me signale que pas du tout. Tout a donc bien commencé lundi après-midi, mais par une toute petite bruine insignifiante, le genre de gouttelettes qui ruissellent de l’arrosoir de ma grand-mère pour pas abîmer ses Géraniums. Juste assez d’humidité pour nous priver de récréation et nous enfermer dans une pièce sombre pendant quatre heures avec vingt-quatre enfants dont le besoin de courir est inversement proportionnel à ma capacité de résistance au bruit. Et après trois heures quarante-cinq de « temps calme », voici donc venue la fameuse heure tant attendue du Carpool. Mais pas n’importe quel Carpool, non. Attention, Mesdames et Messieurs, le Carpool IN-TE-RIEUR. Celui-ci commence inlassablement par un message de La Voix qui annonce le programme des festivités, en français, ET en anglais pour être sûrs que tous les élèves comprennent bien qu’aujourd’hui, c’est bien la fête à la grenouille. S’ensuit donc inlassablement cinq bonnes minutes pour re-contenir les élèves qui explosent de joie à l’idée de rester encore quarante minutes dans une salle où ils ne peuvent toujours pas courir. Je ne comprendrai jamais l’euphorie du Carpool Intérieur. Mais passons, je ne comprendrai de toute façon jamais mes élèves de huit ans. Afin de maîtriser un peu cet enthousiasme qui ne demande qu’à déborder, on accepte de faire ressortir les affaires parvenues si difficilement à être rangées quelques minutes auparavant: les crayons, les feutres, les cartes à jouer… On empoigne de nouveau son talkie-walkie de Ranger de l’extrême et on se positionne de façon stratégique dans l’entrebâillement de la porte pour intercepter les parents mouillés et éviter les sorties intempestives, tout en écoutant en continu le doux son des commandes Happy Meals. Et évidemment, comme il pleut de l’acide, les parents mouillés sont peu nombreux et le drive-in est infini… Et comme on trouverait presque le temps long, là, avec nos élèves d’Aftercare qui savent qui ne partiront pas, et nos commandes en attente qui ne savent pas s’ils partiront, un petit élément perturbateur vient mettre un peu d’ambiance dans la classe. Et hop. Une petite coupure de courant qui plonge toute l’école dans le noir. Euphorie, euphorie, quand tu nous tiens… Faut dire que c’était vraiment un déluge de gouttelettes aériennes…

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, parce qu’il s’agit bien d’un combo. Voilà donc que ce matin, je m’en vais à l’école toute pimpante et guillerette sous un beau soleil, non sans avoir checker la météo avant, car le temps à la Nouvelle-Orléans est complètement bipolaire. Et qu’apprends-je? Nous étions en alerte tornade. La nouvelle va vite, et grâce à radio Nola – comprenez le réseau très privé des profs français – nous apprenons aussi très rapidement que toutes les écoles de la Nouvelle-Orléans ferment leur porte à 13h00. Toutes? Non! Une petite école résiste toujours et encore aux caprices du ciel. Nous voilà donc plus excités que des élèves en Carpool Intérieur, dans l’espoir d’entendre l’annonce libératrice de notre après-midi. On essaie de faire travailler nos élèves, mais on rafraichit nos emails toutes les cinq minutes et on a le téléphone à portée de doigts pour garder contact avec le réseau inter-scolaire en cas d’update. Et puis vient finalement la LIBERATION. Le petit message tant espéré qui arrive dans la boite mail. Et là, j’avoue, on n’est pas sympa. Parce que l’euphorie, on l’a. On a envie de courir dans la classe nous aussi. Mais on reste impassible et on se tait. On ne dit rien aux élèves. On leur donne même un exercice supplémentaire le sourire aux lèvres. On savoure secrètement la victoire future. Et quand le premier élève s’en va, on feigne l’ignorance. Oh, probablement un rendez-vous chez le docteur… Au deuxième, on partage hypocritement la surprise des élèves. Encore? Au troisième, on est grillés. Mais finalement, les élèves sont presque moins excités que nous. Je crois qu’ils ne comprendront jamais l’euphorie des profs pour un après-midi sans école… Surtout quand la tornade ne se pointe pas, et qu’on est tout confort à la maison. Only in New Orleans…

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