Je ne travaille pas dans le vrai monde… Le Carpool.

Les vacances, les voyages, Mardi Gras, les copains… C’est bien beau tout ça… Oui, elle est bien belle ma vie 2.0, mais en vrai, dans la réalité de mon faux-monde, je travaille beaucoup beaucoup aussi (et je vous emmerde). Et grâce à toutes ces heures dévouées à l’éducation de notre futur, je vis des instants ô combien magiques et surréalistes qui valent bien eux aussi d’être contés.

carpool-school

Alors, voici la merveilleuse histoire du Carpool infini.

Nous sommes donc dans une école américaine, certes d’immersion, mais plutôt classique – quoique nous ayons droit, ô joie, à deux récréations de quinze (trente-cinq. Chut!) minutes par jour et à déplacer nos élèves dans un joyeux bordel pas du tout linéaire, sans trop de problèmes. Et dans une école américaine, quand sonne la fin des cours, il y a … *petite musique au thème science-fiction* … LE CARPOOL!

Le Carpool, c’est très très simple. T’es papa ou maman (ou tati, papy, le cousin machin, la chose, le voisin, la nurse, la nounou, le chien…) et t’es tranquilou dans ta petite grosse voiture avec ta cup géante de café-glacé-hyper-sucré bien calée dans le porte-gobelet prévu évidemment à cet effet, parce que tu sais qu’il va te falloir beaucoup beaucoup de caféine pour supporter la fin de journée. Juste avant, t’es passé avec ta grosse voiture au drive-in de la banque pour retirer quelques dollars, puis au drive-in du McDo pour retirer quelques hamburgers pour la lunchbox du lendemain. Et maintenant, tu viens tout naturellement, tranquilou dans ta grosse voiture, retirer tes enfants – et quelques autres si affinités – au drive-in de l’école. Vraiment très très simple quoi.

De notre côté, c’est pas simple du tout. C’est une organisation de folie. Scriiiitch. Scriiiitch. Allô, allô. A l’attention de toutes les équipes, code rouge, je répète, code rouge. Scriiiiiitch. Scriiiiiiitch. Regroupement immédiat au centre de la zone bétonnée. Scriiiiitch. Scriiiiitch. Début des opérations dans 5 minutes. Scriiiitch. Scriiiiitch. Envoyez aussi rapidement que possible les enfants qui peuvent encore être sauvés au bus jaune. Scriiiitch. Scriiiitch. Abandonnez les plus dangereux à l’Aftercare. Scriiiiitch. Scriiiiitch. Préparation à la formation Rateau. Scriiiiiitch. Scriiiiiiitch. A vous. Scriiiitch. Scriiiitch. 

Et là, c’est mission Commando. On empoigne son talkie-walkie en mode Sergent-Chef, canal 3, volume max. Et on crie nos ordres à la volée pour couvrir le chaos ambiant. Là, une règle! Ici, un pull! Attention, la bouteille! On pousse sa chaise! On ramasse son crayon! Dans la trousse, le crayon! DANS LA TROUSSE LE CRAYON! Vite, vite! On est en retard! En ligne! Par deux! On se tait! ON SE TAIT! Bon, okay, on y va quand même les gars! Bonne chance!

On descend les escaliers à la hâte, en vision furtive pour les esquiveurs de marches. On sécurise une première vague d’artistes et de sportifs dans la cantine, puis on largue une deuxième vague de surexcités à l’Aftercare. On marche alors manu-militari en file indienne politiquement incorrecte, jusqu’à notre plot imaginaire, sous un soleil de plomb, ou dans un froid de canard, au choix de la météo. Là, les Happy Meals s’assoient et attendent qu’on passe commande pour eux de l’autre côté de la grille. Quand le nom de l’Happy Meal grésille dans nos oreilles, celui-ci est accompagné par un préparateur, ou une préparatrice, jusqu’à sa voiture, où il le charge à l’arrière et boucle sa ceinture. Les moins chanceux fermentent ainsi vingt bonnes minutes assis à ne rien faire, dans l’angoisse d’être abandonné comme une vieille frite rance, jusqu’à l’annonce de la fin des opérations.

Félicitations Sergent-Chef. Opération menée à bien. Nous ne comptons que peu de pertes: un cartable, trois vestes et deux bouteilles. 17 minutes, record à battre demain. 

Et demain, je vous parlerai de la merveilleuse histoire du Carpool pluvieux.

2 réflexions sur “Je ne travaille pas dans le vrai monde… Le Carpool.

  1. Coucou ! Qu’est-ce que j’aime te lire ! Qu’est-ce que j’aimerais m’exprimer avec la même facilité (oui oui quand on te lit on a l’impression que tu as écrit tout ça « fingers in the nose » !), tant d’humour, tant de génie pour faire vivre à des milliers de kilomètres tes expériences et partager tes émotions … Bref, c’est un régal chaque semaine de découvrir un nouvel épisode de ta vie. Grace à toi je vis un peu mon rêve américain, certains ont des oncles d’Amérique, moi je t’ai toi … Merci … Profite et surtout, pour nous, pour MOI, continue !

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