Chère France…

Chère France,

Voilà une semaine que je t’ai retrouvée, après une année éloignée de toi… et je dois reconnaître que tu m’avais tout de même bien manqué. Tes routes tortueuses, ton air chaud et sec, tes odeurs de mer, tes mets délicats, tes vieilles pierres, tes places de villages et même ta fière Tour Eiffel – qui est toujours la première que j’aperçois – signe que je suis chez moi, chez toi.

Toujours le même rituel lors de nos retrouvailles. La première bouchée  de pain, dont Delerm aurait pu écrire tout un ouvrage. Je traîne mes 20 kilos de valises jusqu’à la première boulangerie – sacrosaint sanctuaire des plaisirs – et tu m’offres dans la simplicité de ton inégalable jambon-beurre toutes les saveurs tant rêvées. Le pain farineux et parfaitement croustillant, le beurre doux et délicatement parfumé, le jambon tendre et subtilement goûteux… tout un paradis sous le palais.

J’ai pris le train pour la Bretagne. J’ai rempli mes poumons de l’air de la campagne, j’ai humé ta province, ça sentait ton parfum, ça sentait l’herbe humide et les vaches laitières. A Rennes, les tables des restaurants envahissaient les ruelles dans un mélange d’effluves de cigarettes et d’essence de sarrasin. Les gens conversaient dans un brouhaha étouffé, autour d’une bière ou d’un cidre, en laissant glisser la longue soirée de solstice d’été.

J’ai pris le train pour la Vendée. J’ai vu une de tes églises qui a plus de vingt fois mon âge, sextuple fois centenaire. J’ai vu tes maisons aux pierres usées et le calme de tes rivières. J’ai vu tes petites villes à l’unique rue commerçante, artère névralgique de toutes les activités et de toutes les rencontres de ses quelques milliers d’habitants, après les portes de la vieille école du centre. Tu étais tellement belle.

J’ai pris le train pour le Gard. J’ai entendu les cigales chanter et les gens parler avec la mélodie du Sud, entrecoupés de-ci de-là par les klaxons des voitures. Sur les bancs des jardins de la fontaine, les mamies regardaient passer la vie pendant que les papys pointaient et tiraient leurs boules en acier. A 70 ans passés, plus aucun n’enlève encore les miettes des tables des cafés, ils ont eu la retraite bien méritée.

Alors, fallait-il que je te quitte pour pouvoir t’apprécier, pour voir toute ta beauté, pour reconnaître toutes tes qualités? Car je dois bien me l’avouer, tu as maintenant mon coeur à tout jamais, je le sais. Tu m’as façonnée, tu m’as élevée, tu m’as accompagnée. Je ne pourrai jamais t’oublier, et au fond je sais bien qu’un jour futur je te retrouverai. Mais je dois aussi te l’avouer, j’ai plusieurs amours, je ne peux m’en empêcher… Mais surtout, ne sois pas jalouse, je vanterai toujours tes atouts avec fierté.

Cher pays de mon enfance, sois en certain, je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai.

Une réflexion sur “Chère France…

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