Les joues roses et le cerveau vide

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C’est mignon les joues roses d’abord.

C’est ce qu’on appelle communément un moment de solitude. Le terme est d’ailleurs plutôt mal choisi, parce que ça paraît durer en général drôlement longtemps pour un moment. Et moi, ça m’arrive régulièrement. Ca m’est arrivé d’ailleurs pas plus tard qu’aujourd’hui.

J’étais à une petite sauterie professionnelle sur le thème du danger de faire du vélo dans une ville américaine où les automobilistes ne sont pas assurés, mais sont armés. On était une dizaine de gentils cyclistes autour d’une table et d’un avocat, soit environ huit personnes de trop pour que je me sente à l’aise comme dans mon salon. J’écoutais plus ou moins attentivement, en imprimant dans mon cerveau les mots à chercher dans le dictionnaire une fois chez moi pour vraiment comprendre le débat.

Et puis à environ deux minutes de la fin de la réunion, j’ai soudainement eu l’incompréhensible envie de poser une question. Je crois que celle-ci n’était même pas encore vraiment achevée en langue maternelle dans mon cerveau. Je n’avais eu qu’une petite heure pour la mûrir entre deux pensées extra-professionnelles, et plutôt personnelles. Autant dire que la transformation en langage local n’a pas été une réussite. Et c’est là qu’est arrivé le moment d’éternité rosée.

La répétition de mes propos s’est accompagnée, comme bien souvent quand il n’est pas trois heures du matin, et que je ne suis donc pas bilingue, d’une perte totale de vocabulaire. La température de mon corps a alors augmenté pour atteindre une température représentative de mon désert lexical. Mon cerveau est devenu mono-tâche pour se concentrer sur l’urgence d’éteindre le feu sur mes joues. J’avais mon corps en pyrolyse, mon intellect en hibernation, et vingt oreilles tout ouïes à une prompte reformulation de ma part…

MAIS PUTAIN EST CE QUE JE PEUX AVOIR UN STYLO POUR POSER MA QUESTION?

Mais c’est pas grave, je le vis bien, je n’en ai pas honte… C’est ma vie, mon quotidien que je vous raconte. Et parce que c’est peut-être aussi un peu le votre… en commandant un hot chocolate ou un smoothie dans un café, en demandant Calhoun Street dans un taxi,  en recevant un appel téléphonique d’Entergy

4 réflexions sur “Les joues roses et le cerveau vide

  1. Pingback: Once upon a time… Cent vies sur la toile. | Once upon a time... In New Orleans

  2. Ayant été dans la même situation, je peux t’assurer, ça va partir sans que tu t’en rendes compte, du jour au lendemain (après je peux pas te dire au bout de combien je ne me souviens pas bien).
    Ca me rappelle quand les stagiaires français venaient dans mon université (américaine), au subway, pour les toppings ils demandaient « everything » parce qu’ils en avaient marre de répéter « to-ma-to » 50 fois devant les yeux éberlués des serveurs.
    Good luck 🙂

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  3. Déjà un an et demi que tu es là-bas et tu rencontres encore ce genre de situation ! ça va bien nous rassurer avant de débarquer dans 2 mois avec notre anglais scolaire qui date de 40 ans en arrière.

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