Entretien avec un psy.

– Chère amie (puisque nous nous connaissons relativement bien maintenant), nous arrivons finalement au terme de ces trois semaines de retraite réflexive. Si vous le voulez bien, nous allons revenir, en toute confidentialité évidemment, sur cette expérience de solitude dans des conditions extrêmes. Etes-vous prête pour ce petit bilan?

– Je pense et je le suis.

– Commençons donc. Qu’est-ce que cet isolement choisi, mais forcé, vous a appris?

– J’ai découvert un monde imaginaire très riche et peuplé de gens très intéressants. Ces rencontres hautes en couleur m’ont appris à me questionner sur l’existence, et à poser un regard souriant sur la vie. J’ai par exemple passé une nuit d’insomnie avec un poète imaginaire, à comparer les souvenirs à de vieilles lettres brûlées, froissées ou égarées dans un sombre grenier… Je crois que grâce à cet isolement, je ne serai plus jamais seule dans ma tête.

– Hum… Oui… bon, passons à la question suivante. Imaginer et penser sont deux très belles activités, mais concrètement, à quoi avez-vous occupé vos 500 heures – et des poussières de sablier – de liberté conditionnée?

– De petits riens: dévorer un bon roman, caresser un cheval, faire une sieste sur le canapé, croquer des carrés de chocolat, m’asseoir face à la mer, boire du café, tremper des cookies dans du lait, regarder un film français, écrire un livre…

Petits riens

Petits riens

– Stop, stop, stop. Ecrire un livre? 

– Euh… Oui. Au début, j’ai surtout écrit pour enlever les maux de mon coeur et les aligner sur une feuille… Mais taper sur les touches roses a peu à peu aussi enlevé mes idées noires… Et finalement, sans vraiment m’en apercevoir, j’ai mis avec le sourire un point final à la 108ème page.

– Et peut-on en savoir un peu plus sur ce livre… ou est-ce un secret?

– Je peux juste vous dire que j’ai rendez-vous la semaine prochaine avec un journaliste imaginaire pour peut-être quelques révélations… Mais chut.

– Comment vous sentez-vous aujourd’hui? Prête pour le retour à la civilisation?

– Je me sens l’âme plus légère et les pantalons plus serrés. Je suis ressourcée, rassasiée et reposée. J’ai maintenant hâte de retrouver les copains, l’effervescence, le bruit et les cernes… Surtout les copains en fait.

– Chère amie, nous allons nous dire au-revoir sur ces belles paroles pleines d’optimisme. J’ouvre mon parapluie et m’envole secourir de nouveaux esprits…

– Cher ami, vous vous trompez de toute évidence de monde imaginaire. Mais vous serez toujours le bienvenu pour partager une discussion autour d’un whisky au miel. Bon vent.

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– Euh… sinon… Avant que je parte vraiment… J’aurais encore une dernière question… mais… euh… C’est un peu délicat… Mais physiquement, vous m’imaginez comment? 

Une réflexion sur “Entretien avec un psy.

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