Once upon a time… Une fable moderne

Voilà. Le pont levis est remonté, les meurtrières condamnées, les fantômes abandonnés… La princesse et sa confidente de galère ont quitté le château pour une plus modeste demeure, mais comme dirait le fameux adage de chez mes grands-parents, mieux vaut une chaumière où l’on rit qu’un château où l’on pleure. Et c’est bien vrai. Dans leur fuite des mauvais souvenirs, les exilées ont été accompagnées par leurs loyaux amis, tous pour un et un pour tous, sans oublier évidemment le Blond troubadour musicien, enlevant les malheureuses à leur triste destin dans son carrosse motorisé.

Retour sur un conte, pas vraiment de fée, mais qui se finit bien quand même parce que la vie c’est chouette et que les gentils gagnent toujours.

Avertissement : Dans cette fable du XXIeme siècle, toute ressemblance avec des personnes ayant existé n’est pas complètement fortuite…

Il était donc une fois, une gentille et belle Cochonne (Horoscope chinois à la con.) qui décida de parcourir le monde afin de transmettre son modeste savoir aux petits marcassins des autres. En l’an 2013, l’innocente décida de poser ses valises dans une petite bourgade aux douces effluves de fritures et aux joyeux airs de musique. Très vite,  elle y rencontra tout un tas de personnages hauts en couleur : un Singe hyperactif, un Coq surréaliste, une Chatte indépendante, un Lièvre prévoyant, et des Pies bavardes mais pas voleuses… Quand le Poulpe rigolo et l’Autruche travailleuse lui proposèrent de s’installer avec elle dans le Château, elle se dit que le rêve devenait réalité au pays de l’irréel… Et dans le tumulte des découvertes, et l’enthousiasme général, une Chienne paumée et amoureuse pensa elle aussi trouver là un toit hospitalier… Tous quatre signèrent alors, par un beau matin humide et chaud, le parchemin machiavélique qui scella leur union et leur enfer.

Le Château était en fait maudit. Le jour de l’installation, alors que les invités étaient venus de toute la province pour fêter l’événement autour de mets grillés, un sort fut jeté sur le barbecue magique, prédisant des mois de malheur à ceux qui feraient cuire vaches, veaux et écrevisses sur les braises ensorcelées, jusqu’à ce qu’un Bouc Blond y jette quantité d’huile pour casser la sinistre destinée… Le cauchemar débutait alors dans la fumée du fumet, et les invités riaient et buvaient, planant dans l’ivresse des débuts d’aventure.

A partir de ce triste banquet, l’Autruche se transforma lentement en Huître, se recroquevillant dans sa coquille protectrice et le Poulpe n’eut plus d’énergie que pour son amour de Crevette. Ils prirent tous deux le large et décidèrent d’abandonner le Château aux deux rescapées du naufrage : la Cochonne et la Chienne, qui ne voulaient point de ce cadeau empoisonné, mais n’eurent pas le choix. Deux longs mois s’écoulèrent alors, les Robinsonnes buvant la tasse à plusieurs reprises, les yeux rougis par l’eau salée que leur envoyaient les évadés à chaque marée. Les deux fuyards ne voulurent plus entretenir le palais et menacèrent de cesser toute aide. Les survivantes étaient alors plus proches de la noyade que jamais et sans l’Arche de Noé, elles auraient sans nul doute sombré.

Elles revinrent cependant après la trêve hivernale, copines comme cochonnes, et se serrèrent les coudes dans l’adversité et la morosité. Leur Château fut transformé en Auberge internationale par les déserteurs. Les premiers mois furent difficiles, accueillant dans leur maison de porcelaine, faute de renommée, un Eléphant balourd. Les discussions inexistantes des petits déjeuners Ricoré n’eurent d’égal que les règlements de compte liés aux durées des douches ou à la température du chauffage, l’Eléphant se révélant économe comme une fourmi et voulant transformer le Château en Igloo.

Avec la fin de l’hiver arriva un Ours matheux, qui bien qu’il passa ses journées à poser des équations en sirotant du houblon, se trouva être un résident idéal. Souriant, drôle, prévenant, l’Ours se révéla être un personnage attachant, plus proche de la peluche que du grizzli. Il fut assez rapidement rejoint par Dame Ourse, et vécurent ensemble une lune de miel dans le donjon du Château.

L’Eléphant décida quant à lui de quitter les lieux et d’aller voir si l’herbe est plus verte dans d’autres contrées. Il fut aussitôt remplacé par un Tigre sportif, tout aussi sympathique que sauvage.

Aidées par tant de bons sentiments, la Cochonne et la Chienne remontèrent un peu à la surface, respirant plus sereinement, et entreprirent même de faire quelques brasses en compagnie des ex-compagnons marins.

Mais ceux-ci leur assénèrent un coup de bouteille à oxygène dans le dos, les faisant couler à pic dans les fonds obscurs. La trêve hivernale n’avait en fait pas été trêve pour tout le monde, et les deux compères aquatiques qui voguaient alors sur des eaux limpides avait manigancé un stratagème diabolique, invitant un couple de Kangourou à profiter, moyennant finance, des commodités du Château en l’absence des deux naïves, finançant elles la durée des douches et la température du chauffage des deux marsupiaux.

A partir de cette invraisemblable découverte, les relations entre les quatre anciens partenaires devinrent glaciales malgré la chaleur torride externe. Le Poulpe perdit l’usage de la parole et l’Huître protégea sa perle précieuse, refusant de la donner pour payer les dernières traites de la demeure maudite. Arriva alors sur son cheval vrombissant le Blond Sauveur tant attendu. Aux premiers rayons de soleil, il invita son armée de Gorilles et déversa bouteilles d’huile sur bouteille d’huile pour enflammer le barbecue infernal. La sombre malédiction prenait fin.

Une petite troupe de Gazelles tomba ainsi rapidement sous le charme du Château désensorcelé, autorisant les occupants précédents à quitter ces lieux, souvenirs d’une époque pas tous les jours facile. La brave Cochonne s’installa avec le Blond Bouc (et le barbecue durement gagné) dans un petit palais où ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. La chienne, toujours amoureuse mais plus paumée, suivit provisoirement ses deux amis pour vivre encore quelques folles aventures à leurs côtés. De temps à autres, ils retrouvèrent l’Ours sympathique au milieu des effluves de fritures et des joyeux airs de musique pour faire trinquer leur houblon, car dans l’adversité des amitiés s’étaient créées…

C’était once upon a time… Une fable moderne. Et ils vécurent heureux…

Et petit clin d’oeil chiffré à notre ami Ours mathématicien, cette maison aura vu 9 colocataires de 4 nationalités différentes, 12 amis d’ailleurs, ainsi que 12 amis d’ici, hébergés pour une nuit ou plus, soit un total de 33 personnes ayant dormi sous son toit. TRENTE-TROIS! Et pour prolonger le rire, relisez donc l’article sur le château… 

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