Once upon a time… Carnival

Oui, je sais bien, carnaval est fini depuis maintenant 20 jours, et je réchauffe du congelé (voire du glacial, du frigorifié, ou du polaire même, vues les circonstances si exceptionnelles de cette année)…

Théorie.

Théorie.

 

 

Pratique.

Pratique.

Alors, je ne vais pas faire ma rabat-joie, et je vais garder le pire pour la fin (à l’image du carnaval). Et c’est vrai que y a bien eu des choses sympas pendant ces trois semaines de marathon des parades… Mais comme à la course, on manquait de pratique, et on s’est laissés avoir comme des bleus en partant beaucoup trop vite. La première parade complètement folle (lire le poétique article sur Krewe du Vieux) a eu l’effet d’un litre de Red Bull couplé à deux pounds de barres énergétiques: on était à fond sur la ligne de départ. Alors forcément, dès la semaine suivante, on était de toutes les parades, criant, hurlant et s’agitant devant chaque char pour avoir le plus de colliers et de cadeaux, alors que les New Orléanais, les vrais, réfléchissaient tranquillement à leur costume au fond de leur canapé.

Attention au torticolis.

Attention au torticolis.

Là a donc été notre erreur. Trop de parades tue la parade. On s’est essoufflés. Les parades étaient sensées être crescendo dans la folie et la grandeur, et il ne fallait absolument pas manquer la suivante, parce que la suivante, c’était celle avec les plus longs chars, c’était celle où ils lancent des chaussures, c’était celle avec les plus vieux chars, c’était celle avec Tarantino, c’était celle… Au final, c’était celle qui ressemblait à toutes les autres, parce qu’une parade c’est des chars avec des blancs qui lancent des cadeaux plus ou moins débiles et inutiles, entrecoupés de fanfares avec des noirs qui jouent de la musique et défilent. C’est caricatural, mais pas si exagéré.

Mais bon, on va pas refaire le monde pendant le carnaval, alors on se mélange sur les bords de Saint Charles autour des barbecues fédérateurs et on se prend assez souvent au jeu. Mais faut bien dire qu’à la deuxième semaine, le niveau augmente, et on ne se bat plus pour de simples colliers, bons pour les touristes de passage. Non, nous on veut l’exceptionnel: on est prêts à tout pour le collier géant, la paire de ciseaux démesurée ou la chaussure customisée… Challenge, challenge… Se percher sur un arbre telle Julie, kidnapper des enfants tel Guillaume ou défier les lanceurs tel JB, nous avons usé de toutes les techniques. Quant à crier comme une cinglée, je dois vous dire que c’est un stratagème assez nul.

Dans ce lot de parades toutes plus identiques les unes que les autres, j’en ai quand même retenu deux qui sortaient de l’ordinaire. La première avait des chars de la taille de boites à chaussures qui fourmillaient de détails, et la deuxième était faite de bric et de broc sur le thème de la science fiction (mais certains diront que je manquais de subjectivité à cette heure avancée…). En tout cas, c’étaient deux chouettes parades dans un chouette après-midi dans un chouette quartier avec des chouettes gens.

Donc tout cela a été notre quotidien pendant trois semaines. La maison de Marie et Thomas idéalement située est devenue notre QG, les barbecues  dans le jardin sont devenus notre cantine et les parades sont devenues notre programme télé de la soirée.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ce qui nous amène donc à l’apogée de ce carnaval, ou le jour le plus attendu depuis notre arrivée: Mardi Gras. Jour également déclaré jour le plus pourri de l’année. Depuis le mois d’août on a eu des jours froids. On a eu des jours pluvieux. Mais la pluie et le froid en même temps, c’était une première. D’autant plus appréciée que nos costumes étaient étudiés pour une température avoisinant les 20 degrés et une pluviométrie nulle. Quelle ne fut pas notre joie en regardant la météo en ce jour festif donc. Nous voilà réveillés à 7 heures du matin un jour de vacances pour aller voir la première parade de la journée (qu’il ne faut absolument pas manquer si vous avez bien suivi, parce que dans celle là ils lancent des noix de coco. DES NOIX DE COCO MERDE. Si ça c’est pas une raison de se lever, je n’en vois aucune.) Bref, nous voilà donc levés à 7 heures du matin et costumés, prêts à affronter une heure de marche sous la pluie glaciale parce que évidemment toutes les routes d’accès sont bloquées autrement qu’à pied. And WE DID IT! Et comme le French Quarter avaient des allures de Dunkerque et qu’on était un peu les seuls couillons à être dehors sans un gros manteau pour cacher notre déguisement, on s’est fait papparazzés quelques fois, et ça c’était plutôt cool, hein Marie.

On a dans le coeur le soleil qui n'est pas dehors.

On a dans le coeur le soleil qui n’est pas dehors.

Et après une petite pause pour se réchauffer chez Rebecca, et s’admirer, on repart tous motivés.

Vous pouvez nous admirer aussi.

Vous pouvez nous admirer aussi.

On ne savait pas encore quelle dure épreuve nous allions affronter. Le froid a empiré. La pluie a empiré. Nous étions transis de froid et trempés de pluie. Dans les rangs disséminés des fanfares, ils ne jouaient plus et chantaient « Pire temps de tout jamais » et « on a froid »… Et on pouvait même pas sortir les mains de nos poches pour attraper les noix de coco.

T'as qu'à ramasser, on te l'offre.

T’as qu’à ramasser, on te l’offre.

Bref, le temps a eu raison de nous en dix minutes et nous nous sommes réfugiés dans un café afin de ne pas perdre tous nos doigts. Ce qui est sûr c’est qu’on n’aura pas abuser de la bière fraiche ce jour là. Et si l’après-midi on l’a passé lovés dans des coussins, c’était pas pour décuver, mais pour regarder un film idiot en se réchauffant à forte dose de chocolat chaud…

C’était once upon a time… Carnival. Et ce fut une étrange parenthèse dans la ville et dans la vie.

Une réflexion sur “Once upon a time… Carnival

  1. Pingback: Je ne vis pas dans le vrai monde… Mid Summer Mardi Gras | Once upon a time... In New Orleans

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s