Once upon a time… Memphis

Il y a quelques années (une autre vie en fait), je possédais un magnifique écran plasma qui, en plus de meubler majestueusement mon salon, occupait mes week-ends au milieu de rien. En bonne téléphage au cerveau lobotomisé, j’ai passé des centaines d’heures devant de passionnantes émissions de téléréalité, prenant ma vengeance sur des années d’adolescence aux programmes interdits. Ces week-ends au fond du canapé ne sont plus qu’un lointain souvenir, et mon âme de voyageuse aventurière qui a trop regardé Echappées belles n’hésite plus à partir explorer le monde sur deux jours… Voici donc comment mon escapade réelle à Memphis avec Blandine a croisé mes souvenirs virtuels d’un autre temps.

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Première épreuve: arriver au drapeau rouge avant la fermeture du loueur afin de pouvoir récupérer notre voiture. Le départ est laborieux: point de bus en vue et des standards téléphoniques qui raccrochent sèchement. Nous trouvons bien des locaux pour nous aider à donner le coup de fil magique, mais l’attente se fait longue et les minutes défilent, sans taxi… Une heure plus tard, un bus arrive finalement et nous sautons dedans, mais à l’approche du drapeau rouge, les embouteillages nous empêchent de progresser plus… Tentant le tout pour le tout, nous descendons en courant et nous zigzaguons à travers les voitures, hélant les taxis en trainant nos valises… Mais nous nous heurtons à une succession de refus (pourtant on est jolies et on peut payer!)… C’est bien plus facile à 3 heures du matin apparemment. Finalement, à 10 minutes de la fin du jeu, notre sauveur arrive. Comprenant l’enjeu de sa mission, il fait tout son possible et nous arrivons à destination avec 1 petite minute d’avance. Victoire, la voiture est à nous et nous ne serons pas ridicules, coincées à Nola. L’honneur est sauf, même si les défis ne font que commencer… Nous devons encore démarrer la voiture, mettre de l’essence, ne pas appuyer sur l’embrayage…

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Afin de reposer nos corps de conductrices émérites, nous avions réservé un petit motel en cours de route. Logement typique américain, celui-ci se doit de répondre à certaines règles en matière de décoration, afin d’être conforme à l’image que nous en avons tous: une pièce glauque parfaite pour organiser un petit meurtre entre amis.

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Contre toute attente, nous sommes donc sorties intactes du motel. Nous avons pu ainsi reprendre la route 61 en direction de Memphis pour un des programmes les plus chargés de l’histoire des week-ends. Premier arrêt: le musée Martin Luther King, construit sur les lieux même de son assassinat. On peut y voir sa chambre de motel devant laquelle il a été tué (quand je vous disais qu’un motel c’est dangereux…), la chambre du tueur de l’autre côté de la rue et tout un tas d’explications sur les pistes, les motifs, les preuves… On apprend aussi beaucoup sur le combat des droits civiques. Bref, on sort de là moins bête, et un peu retourné.

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On remplace « France » par « Amérique » ou « planète » et ça marche. Notre deuxième arrêt donc: Graceland, la fameuse demeure d’Elvis Presley. Pour le coup, pas trop de culture (faut pas déconner, on s’adresse aux fans d’Elvis quand même…), mais un Disneyland kitschissime à l’effigie du King, bien reposant après avoir fait bouillir nos neurones précédemment.

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On ne s’arrête pas là, et on continue sur les traces d’Elvis, avec un arrêt au Sun Studio, le studio d’enregistrement qui a découvert les plus grands de ce monde. Memphis a eu sa période de gloire, où il était si simple de faire de la musique. On a bien essayé aussi, mais le succès n’est plus si facile.

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Après tant de visites, notre ventre crie famine et nous partons à la découverte de la culture gastronomique locale: LES RIBS! Le genre de plat qui me fait dire que je ne serai jamais végétarienne (et jamais mince). C’était juste divin! Comme nous n’étions plus à un kilo près, nous avons aussi dégusté une petite glace artisanale dans le plus vieux magasin de Beale Street, l’équivalent de Bourbon au Tennessee (avec moins de monde, moins de seins, moins de bières et moins de vomi).  Et pour clôturer cette journée sans fin, nous sommes allées boire un dernier verre (et faire un shooting photos) chez « Earnestine and Hagel », lieu inclassable et indescriptible, dont nous avons eu l’honneur de visiter les coulisses grâce au propriétaire très aimable.

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Pour notre deuxième nuit, nous avons opté pour l’auberge de jeunesse parce qu’on est cools, mais dans une chambre privée parce qu’on n’a plus 20 ans. Et nous avons découvert un principe très novateur: tu payes ET tu as une corvée. Nous voilà donc à 9 heures du matin, après une nuit bercée par les grincements du lit superposé et les klaxons de la rue, à nettoyer et astiquer pour solder notre séjour. Et tout cela au nom de la coopération et de la solidarité. Bien joué.

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Qui dit dimanche matin, dit Telefoot… Ah non, dit messe. Mais j’ai pas trouvé de logo pour ce rendez-vous audiovisuel. Toujours est-il que me voilà une fois de plus en train de prendre le chemin de l’église. Et je dois dire que cette fois-ci, ça valait vraiment le coup d’oeil. Une messe avec une guitare électrique, une batterie et un révérant ancien chanteur de soul, c’est pas commun. Al Green a fait swinguer son église et a déclamé ses sermons tel un véritable acteur. Et moi, j’ai demandé qu’on me pardonne d’avoir eu une télé.

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Je crois que le ciel ne m’a pas pardonnée et était même très en colère, car un déluge s’est abattu sur la ville jusqu’à notre départ. Mais comme on n’a pas fait 6 heures de route pour être bloquées par de l’eau, on a quand même fini notre programme comme prévu, avec un tour au musée Rock and Soul. Un choix judicieux, puisqu’il compilait et croisait toutes les visites précédentes, et tout cela en musique. Une chouette visite.

Nous avons ensuite repris la route, satisfaites de notre week-end. Six heures qui ont défilé simplement, entre bavardages anodins et confidences, barres chocolatées et coca zéro. Six heures qui ont aussi fait partie de cette parenthèse dans le quotidien.

C’était once upon a time… Memphis. Et je savourai ces quelques jours loin de tout, avec ma colocataire rescapée, parfaite complice de voyage, et avec qui je veux bien repartir à la première occasion…

6 réflexions sur “Once upon a time… Memphis

  1. Pingback: Once upon a time… Cent vies sur la toile. | Once upon a time... In New Orleans

  2. Ouahhh !!! une virée à Menphis Tennessee. Quelle rêve pour tous les musicos en herbe. J’espère que tu auras eu une pensée pour moi en prenant le micro au Sun Studio. La prochaine fois, Il faudra pousser jusqu’à Nashville pour découvrir la country après le Jazz à Nola et le rock à Menphis. Bon, Graceland, ça fait un peu moins rêver car c’est affreusement kitch. Pour tous ceux qui s’imaginent que les USA sont le temple de la modernité, votre petit motel montre que c’est bien plus has been que petit gite au fin fond des vallées de l’Ariège.
    Un grand bravo en tout cas pour la qualité des photos, notamment lors du shooting chez « Earnestine and Hagel ».

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    • J’ai d’ailleurs ramené un petit souvenir du Sun Studio… Des amis ont fait Nashville et apparemment c’est génial, mais un peu loin sur un week-end… Mais vous savez, si vous venez me voir, on pourra faire tout ça!

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