La princesse qui… prit un p’tit coup de vieux à Québec

Hop, après quelques jours bien remplis à Montréal, j’ai sauté dans un bus direction Québec City pour 36 heures tout aussi remplies…

Heure 1: Arrivée sous une tempête de neige, je suis accueillie à l’auberge du Roy comme chez Mémé. Chaussons à l’entrée, chambre douillette, grands-parents et petit-fils chaleureux. Je me sens bien.

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Heure 4: Après une balade revigorante dans les rues enchantées de QC (pour les intimes) et quelques achats essentiels tels une robe à pois d’hiver parfaitement assortie à mes joues rosées, je décide de m’offrir un bon petit repas dans un bar à vin recommandé par ma bible. La chaleur des lieux aidant, après trois verres et trois plats parfaitement accordés, je suis légèrement enivrée. Je finis ma nouvelle Montréalaise et rentre chez Mémé.

Heure 14: Je descends dans la salle à manger prendre mon petit déjeuner en presque pyjama. Et là, Mémé m’apostrophe. Elle me doit des sous, erreur sur la facture. La journée commence bien! Elle loue ensuite mes qualités de discrétion « pas comme les p’tits jeunes d’au dessus » qui ont rendu Pépé grognon avec leurs talons. Je me dis que ça ferait bien rire mes anciens colocs et que finalement c’est vrai que je n’ai plus 20 ans. Puis, devant mon café au lait, j’engage la conversation avec mon jeune voisin et on (je) décide qu’on se retrouvera le soir pour manger un morceau ensemble. Le piège était refermé sur lui, mais il ne le savait pas.

Heure 15 à 22: Je me promène le coeur léger dans un conte de Noël. A l’heure 19, je me retrouve à danser la gigue dans une salle du 3ème étage du musée des civilisations. J’ai 60 ans, et je me marre.

Heure 23: Je retrouve mon voisin de chambre. Qui dit jeune dit fauché, et comme je ne veux pas passer pour une vieille riche, on se met d’accord pour la brasserie recommandé par Pépé grognon, mais qui de toute façon n’aime pas la cuisine québécoise. Sauf qu’une fois devant la carte, ce n’est vraiment pas possible, je suis quand même une princesse et je suis pas venue à Québec pour manger des pizzas. On prend deux pintes de bière, ce qui me permet de le convaincre de faire une descente en luge histoire de s’ouvrir l’appétit. Direction la vieille ville pour mon caprice.

J'veux faire de la luge. J'veux faire de la luge.

J’veux faire de la luge. J’veux faire de la luge.

La descente de la mort qui tue.

La descente de la mort qui tue.

P'tit jeune

P’tit jeune

Heure 25: Après cette petite montée d’adrénaline, j’essaie de nous amener dans un resto que j’ai repéré dans l’après-midi et qui pratique -21% après 21h. Mon intuition féminine nous y guide. En sirotant mon verre de blanc, j’apprends que Monsieur a … 22 ans. « Hein, quoi, mais c’est pas possible?! T’es déjà en Master, tu peux pas être aussi jeune! A 22 ans, on sort à peine du lycée, t’as sauté des classes?  » Non, non. Bim, coup de vieux. Ensuite, avec force de persuasion, je le convaincs de boire un petit verre de rouge pour accompagner sa bavette. Du coup, il raconte n’importe quoi du haut de son innocente jeunesse. « C’est le meilleur repas que j’ai mangé depuis 6 mois que je suis au Québec », « Je finis en apothéose mon séjour au Canada », « Je me souviendrai longtemps de cette soirée ». Ooooooh, on se calme. Je sais que le fait d’être avec moi donne une saveur particulière aux plats et que j’apporte une touche exceptionnelle aux soirées, mais faut pas exagérer, j’ai aussi bien mangé la veille (mais faut dire que j’étais avec moi-même).

Heure 27: C’est MA soirée à Québec, et j’ai pas l’intention de rentrer tout de suite. P’tit jeune me suit. J’ai repéré une « boite à chansons » qui a l’air bien sympa pour boire un ou deux derniers verres. Les Voûtes de Napoléon, c’est un bar en sous sol, des tables de 4-5 québécois alcoolisés qui chantent à tue-tête, un mec tout seul avec sa guitare qui reprend des classiques du rock, de la chanson française et de la chanson québécoise avec une sono qui ne permet pas les discussions. Et là, le choc. P’tit jeune ne connait ni Aznavour, ni Fugain ni rien du tout. Bam, deuxième coup de vieux. A minuit, P’tit jeune commence à stresser en regardant sa montre alors que j’entame une nouvelle pinte en chantant joyeusement. Le dernier bus passe bientôt, mais je m’en fiche, je suis vieille et riche, et au pire je prendrai un taxi.

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Touriste et fière de l’être.

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C’est une cave, alors forcément on voit rien. Mais c’était vraiment bien. Et si j’avais mon cordon, je vous aurais mis la vidéo.

Heure 28: Je crois que P’tit jeune me déteste au moment où je fais tomber la pièce qui nous avions précieusement conservée pour prendre le bus dans la neige. Juste à l’instant où le bus ouvre ses portes et où on n’a plus le temps. Puis faire tomber une pièce dans la neige, c’est comme la faire tomber dans un gouffre sans fond, c’est irrécupérable.

Heure 36: Au petit déjeuner, Mémé me parle de vésicule, de Martinique et de Pépé grognon qui veut retourner en Guadeloupe (le Québec gonfle fortement les chiffres de l’héliotropisme. Tu m’étonnes, -16 degrés à la semaine!) et de P’tit jeune. Il avait demandé à se faire servir le petit déjeuner plus tôt parce qu’il avait un bus pour Sherbrook à prendre. Mémé a du aller le réveiller 45 minutes plus tard, il dormait encore, il ne s’était pas levé… Intérieurement, j’ai beaucoup ri. Puis j’ai papoté en anglais avec ma voisine originaire de  Toronto, elle m’a laissé ses coordonnées, et je me suis dit « encore une belle journée qui commence ».

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